Château de Lacquy Bas Armagnac
bas armagnac lacquy

Chapitre 2

L'alambic d'Armagnac et l'alambic de Cognac

L'alambic généralement utilisé en Armagnac, à l'exception de certains négociants, est différent de celui utilisé pour toutes les autres eaux-de-vie notamment pour le Cognac.

L'alambic cognaçais est à "à simple chauffe", le vin étant distillé deux fois, une première à environ 20° à 25°, et la deuxième à 72° à 75°. Dans les bonnes maisons de Cognac, l'eau-de-vie vieillit ensuite en fûts de chêne et est mise en bouteilles à 40°. Au moment de sa mise en bouteilles, le cognac n'a perdu que quelques degrés d'alcool et se retrouve, dans le meilleur des cas, entre 60° et 65°. Il faut donc y ajouter de l'eau pour le "réduire" à 40°, soit une proportion considérable égale à 62,5% du volume initial s'il est à 65°, et de 50% s'il est à 60° ! Les producteurs de cognac n'ont donc pas d'autres choix que d'ajouter ensuite colorants et caramels qui sont les secrets de fabrique de chaque maison de cognac, afin de rendre plus sombre un alcool dilué à 40% d'eau. Ceci est la même chose avec les whiskies, les rhums, les brandies et tous les alcools "bruns"… sauf l'armagnac.

En effet, en armagnac et au Château de Lacquy, la distillation est faite dans un alambic à chauffe continue, invention d'un génial Gascon, Antoine de Melet, qui découvre vers la fin du XVIIIème siècle, l'alambic à une seule chauffe mis au point par un chimiste de Montpellier, Jean-Edouard Adam. Antoine de Melet perfectionne encore le système en installant un dispositif permettant l’alimentation continue en vin. M. Siers lui apportera ces dernières améliorations.

Le vin, logé dans une cuve, entre dans l'alambic et il est réchauffé par l'alcool qui en sort en se condensant dans le serpentin. Le vin passe alors dans la chambre de chauffe où il s'évapore en descendant vers le feu. Les vapeurs remontent à travers le vin qui descend et se chargent de toutes sortes de délicieux parfums. En se condensant dans le col de cygne et en se refroidissant dans le serpentin, les vapeurs réchauffent le vin qui entre en sens inverse: l'alcool sort entre 52° et 57° de l'alambic qui ne s'arrête donc qu'à l'épuisement de la récolte à distiller.

Au Château de Lacquy, tous les armagnacs sont distillés à 52° et perdent ensuite leur taux d'alcool naturellement en vieillissant en fûts.


Après dix ans, l'armagnac du Château de Lacquy est à 47°, et après vingt ans à 42°. Il est mis en bouteilles à son taux d'alcool naturel sauf pour les assemblages vendus à 40°, mais alors il s'agit de réduire avec seulement 15% d'eau...